Samedi dernier, j’ai vu ma mère de 68 ans défier mon neveu de 12 ans sur Mario Kart. Elle a perdu, évidemment. Mais elle s’est bien marrée. Et c’est exactement ça qui m’a fait tilter sur ce truc des loisirs intergénérationnels dont on entend parler partout en ce moment.
Le concept est simple (trop simple ?). On prend des gens de différents âges, on les colle ensemble autour d’une activité, et hop, magie sociale. Sauf que dans les faits, c’est un peu plus compliqué que ça. Déjà parce que trouver une activité qui plaît à la fois aux ados scotchés sur TikTok et aux retraités qui découvrent WhatsApp, c’est pas gagné.
Pourtant ça marche.
Les bibliothèques s’y mettent à fond. Genre celle de Cerisy-la-Salle qui organise des sessions jeux de société où les grands-parents viennent jouer avec leurs petits-enfants. Pas des trucs poussiéreux hein, des vrais jeux modernes. L’autre jour, j’ai vu une mamie expliquer les règles d’Azul à un gamin de 8 ans. Franchement, elle gérait mieux que moi les stratégies de placement de tuiles.

Et puis y’a les projets artistiques. Aux Ancizes-Comps, des enfants et des résidents d’EHPAD ont créé une fresque ensemble. Les gamins apportaient l’énergie et les idées un peu folles, les anciens racontaient des histoires du coin pour inspirer les dessins. Le résultat ? Une œuvre collective qui raconte l’histoire du village sur plusieurs générations. C’est beau cette transmission par l’art, non ?
Même les voyages s’y mettent. Le tourisme intergénérationnel explose littéralement. Les tour-opérateurs proposent maintenant des formules spéciales pour partir avec toute la famille, des plus jeunes aux plus âgés. Fini les clubs vacances segmentés par tranches d’âge. On mélange tout le monde autour d’activités adaptées. Perso, j’ai testé un séjour comme ça l’été dernier (avec mes parents et mes nièces). C’était pas parfait mais on a créé des souvenirs qu’on n’aurait jamais eus chacun dans notre coin. D’ailleurs, c’est un peu comme quand on se retrouve en famille autour d’un jeu, que ce soit un Monopoly vintage ou même sur des plateformes modernes comme Rolletto – même si là, c’est plutôt réservé aux adultes, vous pouvez tester par ici si ça vous tente.
Les associations locales surfent aussi sur la vague. À Coutras, pendant les vacances, ils organisent des ateliers cuisine où les ados apprennent les recettes de grand-mère. Pas le truc chiant où on regarde passivement. Non, tout le monde met la main à la pâte (littéralement). Les jeunes découvrent qu’on peut faire autre chose que commander sur Uber Eats, les anciens transmettent leur savoir-faire. Win-win.
Ce qui est fou, c’est que ça marche dans les deux sens. Les seniors apprennent autant que les jeunes. J’ai vu des retraités se mettre aux jeux vidéo grâce à leurs petits-enfants, d’autres découvrir l’assemblage de drones en kit ou même la programmation. Pas juste pour faire plaisir hein, vraiment y prendre goût. Une dame m’a dit qu’elle jouait maintenant tous les jours à Animal Crossing. « Ça me détend après le journal de 20h », qu’elle m’a dit.
Le truc, c’est que ces activités cassent les clichés.
On imagine toujours les vieux qui râlent sur les jeunes et vice versa. Mais quand tu les mets ensemble autour d’un projet commun, la magie opère. Les barrières tombent. Les préjugés s’effritent. Et au final, tout le monde y gagne quelque chose.
Les communes l’ont bien compris. Saint-Senier-sous-Avranches vient de créer un nouvel espace de loisirs pensé pour toutes les générations. Pas un coin jeunes d’un côté et un coin vieux de l’autre. Non, un vrai lieu de vie partagé où chacun peut trouver sa place. Tables de ping-pong, espaces verts, zones de repos… Tout est pensé pour favoriser les rencontres naturelles entre générations.
Y’a quand même des ratés parfois. Genre l’atelier informatique où on voulait que les jeunes apprennent Excel aux seniors. Spoiler : les jeunes ne connaissent pas Excel non plus (ils sont sur Google Sheets). Ou la séance de yoga intergénérationnel où la prof a dû adapter toutes les postures parce que la moitié du groupe avait mal au dos.
Mais c’est pas grave. L’important c’est d’essayer, de créer ces ponts entre les âges. Dans une société où on vit de plus en plus chacun dans sa bulle générationnelle, ces initiatives sont précieuses. Elles nous rappellent qu’on a tous quelque chose à apprendre des autres, peu importe notre année de naissance.
Alors oui, les loisirs intergénérationnels, ça marche. Pas toujours parfaitement, pas pour tout le monde, mais ça vaut le coup d’essayer. La prochaine fois que votre grand-mère vous propose une partie de cartes, dites oui. Vous pourriez être surpris.